Le SNU (Service National Universel) comme outil de diffusion de stéréotypes sexistes, nationalistes et colonialistes dans les lycées

Le SNU étant un fiasco, Jean-Michel Blanquer essaye de sauver la face en obligeant les lycées à recevoir un·e représentant·e du rectorat pour présenter ce dispositif.

C’est pour cette raison qu’un représentant du SNU au rectorat, gendarme réserviste et ancien militaire, est venu dans notre lycée la semaine du 4 avril 2022.

Des propos sexistes ont été tenus par ce représentant du rectorat :

– « Mademoiselle, au fond. Oui vous, avec le joli sourire. Vous m’entendez bien ? Vous pouvez répéter ce que je viens de dire ? »

– Quand une camarade enseignante lui a fait remarquer que son commentaire était sexiste, il lui a répondu que non, ça ne l’était pas. Avant d’ajouter : « et vous, je vous appelle mademoiselle ou madame ? »

Des propos nationalistes et colonialistes ont été tenus par ce représentant du rectorat :

– « Quand j’étais militaire en Afrique, les enfants venaient pieds nus mais ils étaient contents d’être à l’école, ils chantaient l’hymne national en levant le drapeau. Aux États-Unis ils le font, y’a pas de raison qu’on ne le fasse pas. »

– « est-ce que ça vous choque de chanter la Marseillaise ? Vous la chantez bien pour le foot, pourquoi là ce serait différent ? Toi là (en montrant un élève), ça te choque ? »

– « est-ce que vous êtes tous français ? »

Des propos méprisants à l’égard de l’institution de l’éducation nationale et de ses personnels ont été tenus par ce représentant du rectorat :

« Les cours seront dehors, au soleil, dans l’herbe, ça changera de vos cours habituels »

Des propos infantilisants à l’égard des élèves ont été tenus par ce représentant du rectorat : – « On le sait, vous faites quoi le soir ? Vous êtes sur vos téléphones et les réseaux sociaux, y’a mieux à faire pour être utile à la nation ». Une élève répond quelque chose d’inaudible (sûrement ce qu’elle fait réellement le soir). Il répond « ah ben content pour vous mademoiselle ! » et se retourne vers le tableau en disant « oh la la, ça va être difficile ».

– « Vous avez trois mois de vacances. Au lieu de vous dorer la pilule à la plage, vous pouvez passer 12 jours au SNU et vous rendre utiles. »

– « Là le SNU n’est pas encore obligatoire, vous avez de la chance car c’est une ambiance bon enfant. Quand ce sera obligatoire ce ne sera pas la même. »

Enfin, aucune prise en compte des personnes transgenres n’a été menée car à la question « nous avons des élèves transgenres au lycée, où les mettrez-vous dans vos dortoirs filles/garçons ? », le représentant du rectorat a répondu : « c’est compliqué, on n’y a pas vraiment réfléchi, on fera au cas par cas. Ils seront sûrement dans des chambres à part, séparées des dortoirs »

Sud Education rappelle son opposition au Service National Universel et met en garde les collègues sur les représentant·e·s envoyés par le rectorat.

Pour rappel, vous trouverez ci-dessous un lien vers une analyse approfondie du SNU :